Troie

Bon, avant toute chose, je tiens à préciser que même sans avoir lu les deux premiers, Troie est parfaitement compréhensible (j'ai honte, mais je suis moralement obligé de la faire à chaque occasion depuis le jour où j'ai fait marrer toute une salle de ciné en le disant pendant la bande-annonce du film (à noter que ça marche nettement moins bien avec 300 et 10000)).
Donc, Troie, de Gemmell. Malgré les trois tomes de Druss de toute beauté, je commençais à en avoir un peu marre de cet auteur. Les tomes des Drenaï se ressemblent tous, Waylander est dans la même style. C'est de l'héroïc fantasy pure et dure, du grosbill, du barbare, de la team uniclasse prête pour n'importe quel donjon. A force, ça gave.
Quand j'ai vu débarquer le premier tome de Troie (attention, suivez bien, parce que ça va vite devenir galère, ça tombe bien pour une saga qui se passe à 50% sur l'eau, hahaha, je me gausse), je l'ai donc boudé, pour plusieurs raisons :
- Gemmell me saoulait
- Je me doutais que chaque tome ne serait pas indépendant, et j'aime pas attaquer ce genre de série sans avoir la totalité sous la main
- J'étais en plein dans une relecture de l'intégrale de Oui-Oui, et je me voyais mal passer du pays des jouets à la grèce antique
Les mois ont passé, les autres tomes sont sortis, mais la raison principale restait valable, et je ne les ai donc pas achetés/lus en ninja chez Cultura. Il aura donc fallu que mon ami Ludo m'amène le premier tome à l'improviste pour que je commence à le lire, au début sans grand enthousiasme (normalement, il ne suffit pas de m'amener un bouquin pour que je le lise, mais Ludo, il fait le double de ma taille, le double de mon poids, et j'aime à appliquer le vieil adage tiré de Lanfeust de Troy - tiens, on y revient, même pas fait exprès, quel talent, les dieux me transportent - énoncé par Hébus "Quand le Troll parle, l'homme avisé l'écoute"), mais très rapidement (oui je sais, il y a eu 4 lignes de parenthèse, mais démerdez vous pour retrouver le début de la phrase) je me suis laissé emporter. D'abord, j'ai toujours aimé la mythologie antique, et particulièrement l'Illiade et l'Odyssée. Ensuite, c'est juste du très grand Gemmell.
Les pages restantes du premier tome déclinant à vue d'oeil, je me suis vu contraint de prendre Ludo entre quat'z'yeux (à l'aide d'un escabeau) pour qu'il me ramène les deux restants (à domicile siouplé, faut pas déconner). Une semaine plus tard, tout est lu, et vraiment rien à dire.
L'Illiade est revisitée de fond en comble, les personnages sont charismatiques ou antipathiques à souhait, les libertés prises avec le récit d'Homère (pas le chauve à la peau jaune, l'autre) ne font qu'ajouter à la beauté de la légende. Au passage, Gemmell parvient même à intégrer l'Odyssée, via les récits d'Ulysse tout au long des bouquins.
Bref une trilogie qui me réconcilie avec Gemmell, l'Illiade à la sauce héroïc-fantasy (mais sans fantasy, eh ouais), on retrouve tous les bons côtés de l'auteur avec quelques bonnes surprises, à lire absolument. A noter que le troisième tome est cosigné par Stella Gemmell, qui a collaboré tout au long de la série et a terminé de l'écrire seule, David étant malheureusement décédé en 2006.
Sinon moi, ça va.








